il y a en cette rentrée comme un parfum enivrant de désordre, l'odeur de l'Etat qui se défait. Tout semble irrémédiablement foutu, promesses devenues poussière fuyant entre nos doigts. Il semble brusquement qu'il y ait quelque chose à défendre mais sans savoir réellement contre qui. Le pouvoir en place, les politiques ? On nous a parlé de changement au moment où nous nous retrouvions dépossédés de nous mêmes ! Retour à la réalité, à la soumission capitaliste, à la triste résignation. La politique n'est que la politique du pire. Que ce soit la gauche ou la droite ( ou pire sa branche extreme) le bilan est unanimement le même : aucun parti ne semble conscient de l'effondrement global de notre société, de ses inégalités. Le Parti Socialiste n'est qu'un fantôme agitant un hochet que d'autres nous avaient déjà tendus. Et toujours les mêmes visages bouffis et souriant qui depuis des décennies nous narguent, non l'économie n'explique pas tout, messieurs et mesdames. Le PS devrait trembler car son accession au pouvoir pourrait bien être la dernière et sa rose fâner.
Evidemment tout n'est pas négatif, il y a d'authentiques moments d'élans créatifs. Mais la contestation fait figure de mythologie narcissique, se donnant le vain spectacle de sa propre radicalité. Le concept de "radicalité" prétend lutter contre les rôles, mais chacun reste accroché à des rôles plus intériorisés qui sont valorisés. On ne fait que changer un rôle pour un code, un signe pour un faire valoir ou un besoin de reconnaissance. Pour combler ce vide, on consomme et on produit, tout ce qui est apparenté à valoriser notre quotidien. Les partis politiques ont bien compris qu'il fallait intégrer la notion d'économie afin de la rendre profitable à leurs propres besoins.
Tout est consommable et jetable à souhait. Notre société est aliénée par le besoin de posséder toujours plus, alors que l'esprit s'appauvrit. et c'est là que la politique prend le relais, pour assoupir le troupeau et le prendre en otage. Entre le secteur privé et le public, la séparation des droits et les inégalités sociales sont cultivés afin de mieux contrôler la contestation au sein des moins "favorisés". La notion de travail est un ghetto que nos politiciens aiment entretenir. Du coup, le droit du travail en prend plein la gueule, et personne ou presque ne se sent concerné. C'est cet individualisme qui créé cette déperdition d'énergie qui pourrait être utilisée pour la contestation globale ( écologie, grèves actives, lutte contre les extrémismes...). Au lieu de cela, tout le monde déambule le nez dans son portable, coupé du monde et du réel. Chaque individu devient un schizophrène, un autre qui n'est plus.

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